Oui, en France, la vaccination est obligatoire pour les jeunes enfants, et elle conditionne leur entrée en crèche, à l’école maternelle et en collectivité. Depuis la loi du 30 décembre 2017, appliquée aux enfants nés à partir du 1er janvier 2018, l’obligation vaccinale porte sur 11 maladies. Voici, à jour pour 2026, la liste complète, les âges des injections et ce qui se passe quand le calendrier n’est pas respecté.
Quels sont les vaccins obligatoires pour un enfant en France ?
Les 11 vaccins obligatoires protègent contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, les infections à Haemophilus influenzae b, l’hépatite B, le pneumocoque, le méningocoque C, la rougeole, les oreillons et la rubéole. Les six premiers sont regroupés dans une seule injection dite hexavalente, ce qui limite le nombre de piqûres pour le nourrisson. Le ROR (rougeole, oreillons, rubéole) est lui aussi administré en une seule fois.
| Maladie | Âges des injections |
|---|---|
| Diphtérie | 2 mois, 4 mois, 11 mois (vaccin hexavalent) |
| Tétanos | 2 mois, 4 mois, 11 mois (vaccin hexavalent) |
| Poliomyélite | 2 mois, 4 mois, 11 mois (vaccin hexavalent) |
| Coqueluche | 2 mois, 4 mois, 11 mois (vaccin hexavalent) |
| Haemophilus influenzae b | 2 mois, 4 mois, 11 mois (vaccin hexavalent) |
| Hépatite B | 2 mois, 4 mois, 11 mois (vaccin hexavalent) |
| Pneumocoque | 2 mois, 4 mois, 11 mois |
| Méningocoque C | 5 mois, 12 mois |
| Rougeole | 12 mois, 16 à 18 mois (vaccin ROR) |
| Oreillons | 12 mois, 16 à 18 mois (vaccin ROR) |
| Rubéole | 12 mois, 16 à 18 mois (vaccin ROR) |
Né avant 2018 : seulement 3 vaccins obligatoires
Pour les enfants nés avant le 1er janvier 2018, l’obligation vaccinale se limite au DTP (diphtérie, tétanos, poliomyélite). Les huit autres vaccins restent pour eux des vaccins recommandés. Le calendrier a par ailleurs évolué pour les nourrissons nés à partir de 2025, avec l’ajout de vaccins contre d’autres méningocoques : le médecin traitant ou la PMI confirme ce qui s’applique selon la date de naissance.
Vaccination obligatoire pour la crèche et l’école : ce qui est exigé
L’obligation vaccinale n’est pas un simple conseil : elle conditionne l’admission en collectivité. Pour inscrire un enfant né depuis 2018 en crèche, chez une assistante maternelle agréée, à l’école maternelle, en garderie ou en centre de loisirs, les parents doivent prouver que les vaccins obligatoires correspondant à son âge ont été faits. Cette règle s’applique ensuite à l’école élémentaire et aux autres structures accueillant des mineurs.
La preuve passe par le carnet de santé, où le médecin ou l’infirmier inscrit chaque injection, ou par un certificat de vaccination établi par un professionnel de santé. Aucun autre document n’est exigé : il n’existe pas de formulaire national imposé, et le directeur de la structure ne peut pas demander de détails médicaux supplémentaires.
Un enfant dont le calendrier est incomplet n’est pas forcément refusé d’office. Il peut être admis à titre provisoire, à condition de régulariser sa situation dans un délai de trois mois. Passé ce délai sans les vaccins manquants, l’établissement peut mettre fin à l’accueil.
À quel âge faire les vaccins obligatoires ?

Le calendrier vaccinal démarre à 2 mois, avec la première injection du vaccin hexavalent (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, Haemophilus influenzae b, hépatite B) et celle contre le pneumocoque. Un second rendez-vous suit à 4 mois, puis un rappel à 11 mois. Le méningocoque C se fait à 5 mois, avec une dose complémentaire à 12 mois.
La rougeole, les oreillons et la rubéole arrivent à 12 mois avec une première dose de ROR, suivie d’une seconde entre 16 et 18 mois. En pratique, cinq ou six consultations suffisent donc pour couvrir les 11 vaccins avant les 2 ans de l’enfant.
Ces injections peuvent être réalisées par le médecin traitant, un pédiatre, une sage-femme ou une infirmière selon les cas, ainsi que dans un centre de PMI ou un centre de vaccination public, où elles sont gratuites. En cabinet, l’Assurance maladie rembourse les vaccins obligatoires à 65 %, et la complémentaire santé prend en général le reste en charge.
Si un rendez-vous a été manqué, inutile de tout recommencer. Le médecin reprend le schéma là où il s’est arrêté et ajuste les intervalles. Les rappels ultérieurs (DTP et coqueluche à 6 ans, puis entre 11 et 13 ans) sont recommandés et s’intègrent à ce suivi.
Que se passe-t-il en cas de refus ou de retard vaccinal ?
La conséquence la plus concrète d’un refus ou d’un retard est l’impossibilité d’inscrire l’enfant en crèche, à l’école maternelle ou en centre de loisirs tant que les vaccins obligatoires ne sont pas à jour. Pour les parents qui travaillent, c’est souvent ce qui pose problème en premier : une place en crèche perdue ou un mode de garde à repenser, avec des pistes pour trouver la garde d’enfant idéale.
Sur le plan juridique, le Code de la santé publique prévoit aussi des sanctions pénales contre les personnes titulaires de l’autorité parentale qui refusent de faire vacciner leur enfant (jusqu’à six mois d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende). Ces peines figurent dans les textes, mais l’objectif de la loi est d’abord d’obtenir la régularisation de la situation, pas de poursuivre les familles.
Retard de quelques semaines : le bon réflexe
Prenez rendez-vous avant la date d’inscription, présentez le carnet de santé à jour à la structure et demandez au médecin d’inscrire la date de la prochaine injection. Cela suffit souvent à obtenir l’admission provisoire.
Contre-indication médicale : quelles exceptions ?

La seule dérogation prévue par la loi est la contre-indication médicale. Elle concerne des situations précises : une allergie grave à un composant du vaccin, un déficit immunitaire sévère ou une maladie évolutive, par exemple. Elle peut être temporaire (le vaccin est alors reporté) ou définitive pour un vaccin donné.
Seul un médecin peut la constater, par un certificat médical mentionnant la nature de la contre-indication et sa durée. Ce document est remis à la crèche ou à l’école à la place de la preuve de vaccination pour le vaccin concerné. Les convictions personnelles, religieuses ou philosophiques, elles, ne permettent pas d’être exempté.
En cas de doute sur les vaccins déjà faits, un carnet de santé perdu ou un enfant arrivé de l’étranger, le médecin traitant ou la PMI peut refaire le point et proposer un calendrier de rattrapage adapté à l’âge. Un enfant accueilli en France avec un schéma vaccinal étranger doit généralement le compléter pour satisfaire l’obligation vaccinale.
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